HISTOIRE DE LA LINGERIE 


 

 

 

 

L'utilisation des dessous est très ancienne. Les romaines utilisaient déjà des sous-vêtements en cuir pour contenir leurs poitrines. Mais ce n'est qu'à partir de la Renaissance que la lingerie a commencé à exister.

 

 

 

 

 

 

 L'Antiquité 

 

 

 

De - 400 à - 100 avt J.C

D'abord utilitaire, la lingerie apparaît très sommaire durant la Grèce et la Rome Antique.

Sous le traditionnel chitonla femme de la Grèce hellenistique porte une tunique en lin recouvrant plusieurs systèmes composés de bandelettes pour contrôler la morphologie féminine. Pour gommer la féminité en aplatissant la poitrine et les hanches, elle porte l'apodesme, un bandage formant une ceinture sous la poitrine pour la maintenir. Il se porte indifféremment sur le chiton ou directement au contact de la peau. Pour dissimuler les hanches et le ventre, elle utilise le zona, une bande abdominale, les jeunes filles portent le mastodeton, un mince ruban ceignant la poitrine pour empêcher le developpement du sein. La silhouette de la femme grecque est volontairement androgyne et témoigne du goût des Grecs anciens pour les femmes aux seins peu développés. Certains médecins iront jusqu'à proposer des traitements pour empêcher le développement du buste.

La femme romaine porte habituellement une tunique ou une stola ,et en dessous les mêmes dispositifs que la femme grecque. Les hanches sont effacées par un zona, la poitrine des jeunes filles bandée à l'aide d'un taenia ou d'un fascia, équivalent romain du mastodeton. Les bustes plus volumineux sont écrasés par une mamilliare en cuir. Le dispositif le plus répandu est le strophium, un bandage similaire à l'apodesme grec. Certains dessous de l'époque ressemblent étrangement au bikini ou aux culottes et soutien-gorges actuels.

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 Le Moyen Âge (486 à 1598) 

La lingerie est complétement ignorée du Ve siècle à l'aube du XVIe siècle. Seul un bandeau de tissu placé, non plus sous comme l'apodesme, mais sur la poitrine, appelé gorgerette se portera en complément d'une grossière tunique en coton ou en lin en guise de sous-vêtement.

 

 La Renaissance (1453-1598) 

Le corset à proprement parler, baleiné et réduisant la taille, n'existe qu'à partir de la Renaissance. et non du Moyen-Âge qui l'ignorait complétement.

Il est apparu à la cour d'Espagne, puis s'est vite répandu dans d'autres cours d'Europe. Le corset modèle d'abord le corps de la noblesse où il est supposé signifier la droiture, la fermeté d'âme et de moeurs, voulant se distinguer de la société qu'elle régente. La mode est vite imitée dans les milieux bourgeois. Il faudra attendre les XVIIe et XVIIIe siècles pour qu'une bonne partie de la population en porte, allant même jusqu'aux milieux les plus populaires dans une version plus simple et moins baleinée. Mais les femmes du peuple qui veulent imiter les grandes dames seront moquées par les caricaturistes mais seront socialement acceptées.

              

corset en cuir pour personne modeste

Au XVIe siècle

Le corset rend la silhouette conique avec une pointe basse à la taille et une poitrine aplatie. Du XVIe au XVIIIe siècle, il n'y aura pas ou peu de réduction à la taille mais plûtot une mise en forme conique du buste. Issu de l'univers masculin et militaire, le corset est perçu comme une armure physique et morale, et n'est réservée qu'à la haute socièté. La femme ne porte pas de sous-vêtement sous sa robe, à l'exception de la reine Catherine de Médicis qui mettait des caleçons pour monter à cheval.

[La 1ère apparition de la culotte tient au pantalon de coton que les petites filles portaient sous leur robe. Ce dernier sera ensuite imposé aux femmes dans une version raccourcie par les hygiènistes (mouvement du milieu XIXe) qui se refusent à les voir sans sous-vêtement intime. Rose ou blanche à l'origine, la culotte féminine sera ensuite noire du début du XXe siècle jusqu'à le 1ére Guerre Mondiale, pour les femmes honnêtes. Ce noir qui deviendra après les années 40, le symbole de la lascivité. Au XVIIIe siècle, le port du caleçon sera imposé par une ordonnance du lieutenant de police aux filles de l'opéra lors de leurs représentations, question de décence. Au XIXe siècle, les gens se lavaient peu mais la chemise devait être immaculée. On parlait alors pour les vêtements portés à même le corps de tricot de peau. Depuis les années 60 la culotte n'est plus un caleçon, utilisant les nouveaux textiles synthétiques et des couleurs variées].

Catherine de Médicis

 

 La Monarchie Absolue (1598-1788) 

 

Au XVIIe siècle

La femme porte des superpositions de jupes toujours de différentes étoffes. Le buste est contenu dans un corset lacé. La silhouette est toujours conique, apparition de petits panneaux décoratifs en bas: les basques découpées. La dentelle est très à la mode pour les hommes comme pour les femmes. Elle décore cols et poignets de chemises.


Au XVIIIème siècle

On retrouve une silhouette conique avec l'apparition de la pièce d'estomac richement ornée sur le devant et souvent amovible.

Les principes du vêtement féminin demeurent identiques avec une évolution des formes avec, sous Louis XV (1710-1774), l'apparition de paniers pour donner de l'ampleur aux jupes.

                 Panier

  Marie Antoinette      

Les paniers sont des sous-vêtements très larges sur les côtés et plats devant comme derrière. Ils donnent à la silhouette une forme extrêmement différente de ce que sera au siècle suivant la crinoline, bien que leur but soit identique, celui d'accentuer les courbes féminines naturelles en élargissant visuellement les hanches afin d'affiner la taille.                                     

L'intimité féminine n'étant pas protégée, les parties de balançoire ou les chutes offrent des occasions de coups d'oeil indiscrets.

La ligne redevient plus verticale sous Louis XVI (1754-1793) annoncant la simplicité de l'époque révolutionnaire.

Du XVIème au XVIIIème siècle

Le corset est plus fréquemment appelé corps à baleines. La partie supèrieure du Grand habit de cour féminin est un corset très serré et rigide, nommé le Grand corps. Il est de forme conique et étriquée, ce qui comprime fortement les côtes flottantes (basses) et ses bretelles projettant les épaules en arrière, rapprochent les omoplates donnant un dos très étroit ainsi qu'un beau port de tête. C'est probablement la forme de corset la plus contraignante à avoir jamais été portée.

Corset en Brocart d'Or au Musée des Arts Décoratifs

 

 La Révolution Française 1789 

 

Suite à la Révolution Française de 1789, le corset disparait brièvement de 1795 à 1805.


 Le Premier Empire (1804-1815) 

 

Sous le 1er Empire, la femme se doit d'être longiligneElle retrouve une silhouette beaucoup plus structurée et les jupes reprennent progressivement de l'ampleur.

 


 La Restauration (1814-1830) 

Le retour du corset est foncièrement de forme différente: en sablier. Il est tout en courbes et non plus conique, réduit la taille (tout en restant assez haute), est long sur les hanches et n'écrase plus les seins vers le haut mais les soutient et les sépare.

            



  La Monarchie de Juillet (1830-1848) 

Il s'avère que le corset subit une métamorphose totale avec la disparition des bretelles, il permet une vraie réduction de la taille, sa construction est en bandes verticales avec l'apparition du baleinage métallique (et non plus, ou rarement, en fanons de baleines) et possède des oeillets métalliques (et non plus brodés à la main car plus fragiles).         


Invention du busc métallique à crochets. Le busc est une large lame soit de bois, de métal, d'ivoire ou d'os, qui maintient une rigidité parfaite sur le devant du corset. Il est parfois amovible. Vers 1840 est inventé le busc en deux parties, à crochets, qui permet d'ouvrir le devant du corset, donc de le mettre et de l'enlever beaucoup plus facilement.

 


 Le Second Empire (1852-1870) 

La silhouette féminine est faite de contrastes :

 

le bas de leur robe est élargi par la crinoline (jupe de dessous faite de baleines ou de cercles d'acier flexibles pour donner de l'ampleur aux robes). La crinoline, sous-vêtement du XIXe siècle, doit son nom à l'étoffe rigide tramée de crin inventée en 1830 par Oudinot pour raidir les col-cravates des militaires et comporte des superpositions de jupons agrémentés de dentelles de couleur blanche, synonyme  de propreté.

Le buste reste comprimé par un corset très court, à la fois bas sur la poitrine (il couvre à peine les mamelons et le sein se porte bas) et sur les hanches. Le corset de 1860 décrit une forme de vasque, caractéristique de cette époque.

Pour éviter d'être génées, lors d'éventuelles chutes ou lorsqu'elles se penchent, les femmes reviennent au pantalon de lingerie ou au caleçon. Avec le développement de la dentelle mécanique, la dentelle se généralise dans les différentes couches sociales.




 La 3ème République (1870-1914) 

Le corps féminin demeure contraint:

-en haut par le corset qui s'allonge. Parfois des pièces d'élastiques, matériau nouveau, sont insérées sur les hanches. On utilise beaucoup de goussets pour la poitrine et/ou sur les hanches.


-en bas par des vêtements qui entravent la marche. Les superpositions sont toujours la régle. Aucune surface de peau ne doit être visible depuis le cou et les poignets, jusqu'à l'extrémité des pieds.

Début 1870

La femme coquette s'affiche à l'époque avec une taille de guêpe. La silhouette, artificiellement bouffante, glisse vers l'arrière et la tournure, en forme de panier, crée le faux-cul (rembourage porté sous la robe à l'arrière à la hauteur des reins et composé d'une demi-cage baleinée supportant le pouf)La tournure succède à la crinoline vers 1867 qui disparait vers 1899.



De 1880 à 1890

Le buste s'allonge encore. C'est l'âge d'or du busc cuillère, non plus droit mais accompagnant l'arrondi du ventre. La couleur fait son apparition. Ce sont les corsets de cette époque (2ème moitié du XIXe siècle) qui se sont le plus imprégnés dans l'imaginaire collectif et qui viennent immédiatement à l'esprit dès lors que l'on parle d'eux. Ils ont la fabuleuse forme de sablier.

             

En 1889

La fondatrice de la maison Cadolle, Hermine Cadolle, présente le 1er prototype de soutien-gorge lors de l'exposition universelle de Paris sous le nom de "Bien Etre". Mais il reste lié à un corset.


En 1904

Le terme soutien-gorge fait son entrée dans le dictionnaire "Larousse". Mais ce n'est qu'en 1912 qu'il apparaitra sous le nom de brassière dans l'Oxford English Dictionnary, d'où l'origine du diminutif "bra" qui sera utilisé dans les pays anglo-saxons à partir de 1937.

 

En 1913

C'est une jeune américaine, Mary Phelps Jacob, dite Caresse Crosby, qui eut l'idée de fabriquer un soutien-gorge à l'aide de mouchoirs et d'épingles de sureté. C'est en déposant un brevet l'année suivante qu'elle tente de le commercialiser, mais en vain. Elle décide alors de céder son brevet à l'entreprise Warner's.

La Belle Epoque (1900-1914)

 Slogan publicitaire sur la vitrine d'une corseterie:

 "CONTIENT LES FORTS-SOUTIENT LES FAIBLES-RAMENE LES EGARES"

 

Changement important de forme : le busc devient très droit, très rigide et plus large, le ventre ne fait plus aucun arrondi, les pièces du corset sont taillées très différemment. Les fesses sont projetées en arrière, très cambrèes, les hanches larges. La poitrine est basse. C'est le nouveau corset dit droit devant ou corset abdominal, inventé par Inés Gaches-Sarraute (célèbre corsetière née en 1853).

Le catalogue des Galeries Lafayette

             

Illustration de 1900 montrant la différence entre l'ancienne silhouette en sablier et la nouvelle silhouette Belle Epoque en "S".

Vers 1910

La ligne de poitrine n'en est plus une, puisque le haut du corset est tombé au niveau du foie. Le bas s'allonge sensiblement.

 

 


 La 1ère Guerre Mondiale (1914-1918) 

Après la Belle Epoque, la guerre prend le pas sur la frivolité de la mode, l'industrie textile est mobilisée par l'effort de guerre, mais elle apporte des sous-vêtements plus confortables. La femme doit impérativement faire preuve d'indépendance et exercer un métier car les hommes sont partis au front. Elle doit rester libre de ses mouvements et c'est la 1ère étape vers l'arrêt du port habituel du corset. Les modifications vestimentaires sont dictées par nécessité. Les fêtes et les rencontres sociales sont remplacées par les engagements et les enterrements, c'est ainsi que les couleurs foncées sont devenues une norme. Un look monochrome émerge. Les jupes sont coupées au dessus de la cheville pour économiser le tissu. Les 1ers soutiens-gorge étaient en lin avant d'être fabriqués, à partir des années 1920, en soie, en mousseline ou en batiste. La combinaison est alors le vêtement typique de cette époque jusqu'aux années 1960.

Par ailleurs, la bonneterie troyenne crée la culotte dite Petit Bâteau, réalisée en coton à côtes.

 


 L'Entre deux guerres (1918-1939) 

A la silhouette en S qui pousse la poitrine vers l'avant, les hanches et les fesses vers l'arrière, en vogue dans les années 1880-1905, succède une ligne plus fonctionnelle adaptée aux besoins de l'époque.

 

Vers 1920

Le corset continue de tomber pour évoluer vers la gaine. La taille n'est presque plus marquée tandis que les hanches et les cuisses sont écrasées, pour satisfaire un look tubulaire. La silhouette revêt des formes proche de l'Empire: taille haute, poitrine effacée et hanches étroites.

                               

Comparaison de la silhouette 1910 et 1920

   

 

Amplifiée par la 1ere Guerre Mondiale et la silhouette Garçonne des années folles, la mode est alors aux petites poitrines. Les années 1920 marquent l'essor du soutien-gorge. Le corset n'a plus sa place. Des couturiers comme Paul Poiret ou Madeleine Vionnet mettent en avant une silhouette plus fine avec une poitrine effacée et des hanches étroites. La femme de l'époque utilise un soutien-gorge qui va jusqu'à se métamorphoser en bandeau afin de dissimuler au maximum sa poitrine.

  Les matériaux extensibles entrent désormais               dans la composition des gaines.

               

           

  Maillot de bain en 1920

 

 Des années 1930 à 1960 

En 1930

Apparait la rayonne (appelée d'abord soie artificielle puis rayonne, la viscose fut crée pour répondre à la demande de tissus semblable à la soie, mais plus économique. Les premières versions étaient faites avec la pulpe des arbres. Après la viscose, en 1938 apparait des fibres totalement artificielles à partir de synthèses moléculaires) qui permet d'ouvrir la voie vers les soutiens-gorge actuels même s'ils restent très onéreux et peu adaptés aux différentes morphologies féminines.

Grâce à l'idée de Mary Phelps Jacob, la première évolution est attribuée aux trois frères de la socièté Warner (Etats-Unis) qui mirent au point un tissus extensible (chaine et trame), mais surtout qui affirnèrent les tailles de bonnets en proposant des tailles allant de A à E et qui remplacèrent les bretelles en tissus par des bretelles élastiques.

         

En 1940

Il faut attendre les années 40 pour qu'apparaissent les bas en nylon, fruit de recherches qui auront duré près de 10 ans, le nylon cher à Dupont de Nemours va lui aussi bouleverser le monde de la lingerie grâce à des atouts uniques: brillant, solide, séchant vite et ne se repassant pas, il ne sera détrôné par aucun autre textile. Durant le débarquement en Normandie, les GI's s'en servent comme monnaie d'échange en territoire libéré. (Il faut en moyenne 14kms de fil de nylon pour fabriquer une seule paire).

       

En 1943

Howard Hugues crée un modèle de soutien-gorge à armatures renforcées qui rend les seins pointus.

En 1946

Quelques corsets traditionnels sont encore fabriqués pour le théâtre, l'opéra, les séances photos de stars de cinéma. Au quotidien, le corset n'existe plus mais il reste néanmoins une référence en matière de lingerie, non plus pour réduire la taille et d' être baleiné, mais redevenant uniquement esthétique: la guêpière est inventée par le couturier Marcel Rochas en 1946 pour son actrice fétiche Mae West. Les couleurs des sous-vêtements sont le plus souvent chair ou blanc.

En 1950

Dans les années 50, la gaine signe le retour d'une silhouette féminine normée, avec une poitrine généreuse, une taille fine, des hanches plates et larges.

D'autres innovations suivront; la marque Scandale lance le Very Secret en nylon et muni de coussinets gonflables à volonté.

En 1956

La marque Lejaby présente le soutien-gorge pigeonnant.

        

       

 


 Des années 1960 à aujourd'hui 

En 1960

C'est au début des années 60 que l'industrie de la lingerie enregistre une énorme croissance. C'est incontestablement le lycra qui mérite la qualification de trouvaille du siècle. Appartenant à la famille des fibres synthétiques élasthanes (spandex aux Etats-Unis), ce fil agit comme un véritable ressort, capable de reprendre sa forme initiale, sans déformation, après avoir été étiré jusqu'à sept fois sa longueur. Les bas seront boudés par l'apparition en 1959 des premiers collants ce qui permettra le port de la minijupe.

Dieu merçi, l'époque où les femmes achetaient dans l'anonymat des dessous, des gaines de préférence, tout en éprouvant un certain sentiment de honte est désormais révolue. Au cours des dix dernières années, les gaines et les dessous se sont de plus en plus transformés en articles de mode. On doit cette tendance à l'élimination progressive des talons et à une prise de conscience croissante de son propre corps.

Playtex crée Coeur Croieé, le 1er soutien-gorge à armatures non métalliques.

Dès 1963

Aubade apporte du nouveau dans la lingerie en lançant la couleur et les premiers imprimés originaux.

En 1970

C'est la révolution sexuelle, et le féminisme naissant marquent un véritable tournant, le soutien-gorge est bannit ou voire réduit à son plus simple usage. Il se doit d'être avant tout fonctionnel et ne doit pas être sexy. C'est Warner's encore qui crée le bonnet moulé sans coutures. C'est l'ère des moulés, légers et transparents.

L'époque de la non-lingerie est menacée par la grande vague du style hippie qui remet les dentelles au goût du jour.

              

En 1980

Les années 80 sont le retour de la lingerie raffinée. Les bas-coutures, les guêpières et les porte-jarretelles de Chantal Thomass font leur show. D'un coup de crayon magique, elle réveillera les gorges endormies, les dévoilera et les fera palpiter en les parant de tulle et de délicats point de Calais.

Chantal Thomass crée une collection où les bas et le porte-jarretelles apparaissent comme sexy et sophistiqués. Les femmes qui portent alors des bas semblent avoir la volonté de séduction et d'élégance. Le serre-taille et la guêpière sont deux déclinaisons du porte-jarretelles. Depuis lors, il est porté dans un but de séduction ou d'érotisme, et est devenu un puissant symbole de féminité. Le porte-jarretelles est l'objet de fantasmes, voire de fétichisme de la part de beaucoup d'hommes.

Au fil des années de libération, l'élégance a été balayée par la séduction, elle-même, aujourd'hui remplacée par l'affirmation d'une sensualité qui s'affiche sans tabou. Aujourd'hui, la lingerie joue un double rôle: fonctionnel et séducteur. L'obsession de la fin des années 90 est la discrétion. Côté séduction, la lingerie délibérément extravertie ne finit pas de se montrer au grand jour, en détournant l'intime, en pariant sur l'ostentatoire. Comme le souligne Christian Martignier expert en lingerie: les femmes ont tendance à se partager en deux camps. Celles qui aiment la dentelle, les broderies, privilégiant le côté sexy de l'ensemble et celles qui ne jurent que par l'épuré, sans fioritures, tout en discrétion sous le vêtement moulant.

En 1990

Dans les années 90, des chanteuses comme Samanta Fox ou Sabrina remettent au goût du jour les poitrines généreuses. Avec elles, les soutiens-gorge balconnets et autres push-up (Wonderbra) ont de nouveau la côte.

En 1994

Eva Herzigova est la première top modèle choisie par Wonderbra pour relancer la marque. En plus de son regard lascif et de sa bouche pulpeuse, le fameux push-up accentuera sa généreuse poitrine mettant tout ce petit monde au balcon cette année là, il devient un véritable phénoméne de culture de masse. Elles le voulaient toutes, elles l'ont toutes eu, à l'exception des fortes poitrines.

L'an 2000

Au début des années 2000, le corps doit être tout à la fois, glamour et apaisé. La lingerie clone notre corps, le retaille, le rend sensuel, doux et attractif. Le confort et le toucher sont essentiels et l'intimité qui régne entre la peau et les matières a présidé à ces révolutions textiles (sans couture, respirants, à mémoire de forme, tissus seconde peau).

C'est l'heure de gloire de la lingerie, les magasins spécialisés se multiplient, les concepts aussi, le soutien-gorge devient un article de mode à part entière. On l'accessoirise, on le démocratise, on le transforme, on le met en valeur. Le soutien-gorge est l'expression de soi-même. Il en existe mille sortes, une pour chaque femme. Il n'hésite plus à se montrer et s'affiche sans pudeur dans nos abris bus.

             

La femme assume son corps, ses rondeurs et joue la séduction en pratiquant l'effeuillage. Les formes féminines évoluent et les mentalités autant que les marques doivent s'adapter pour mettre en valeur ses rondeurs dorénavant assumées. Sur un plan morphologique, le corps des femmes n'est plus celui de leurs ainées. Entre 1975 et 2005, les françaises ont grandi de 2cm et grossi de 1.8kg. La taille la plus répandue est le 40. Plusieurs études montrent que les nouvelles générations de filles et de femmes gagnent en tour de poitrine. Du coup, les fabricants ont adapté leur savoir-faire à cette nouvelle exigence et savent tout aussi bien englober les tendances mode. Les créateurs doivent allier technicité, savoir-faire et esthétisme.

                

Les dessous ne doivent pas être réducteurs, ils doivent être agréables à porter et dégager un effet de bien être.

La lingerie sublime le corps de la femme.C'est comme une seconde peau.